Texte Libre

Lundi 8 octobre 2007

L’homme n’a jamais été définit par des critères particularisant. Si l’on dit que le chien est un « animal quadrupède canin aboyant » alors tout « animal quadrupède canin aboyant » est un chien. La définition du chien est particularisante, c’est-à-dire qu’elle délimite strictement ce qu’est le chien et ce qui entre dans cette définition ne peut être qu’un chien. Mais en revanche, pour l’homme, il n’existe aucune définition, aucun critère d’humanité qui soit particularisant. L’homme est libre, parle, est intelligent ou social, etc. ? Et si l’on trouvait une autre espèce libre parlante intelligente et sociale, serait-elle humaine pour autant? Même le type de critère biologique du nombre de chromosome est insatisfaisant, à moins d’exclure les trisomiques et d’intégré les embryons dès leur première seconde de vie (interdisant ainsi l’avortement).

 

Aussi, nous ne savons pas ce qu’est l’homme. Mais de cette ignorance il est possible de faire le critère d’humanité. Et cela, de la même manière que le principe de charité selon lequel je présuppose l’intelligence à la personne avec qui je dialogue, et même avant que je ne discute avec elle (sinon je n’irais pas discuter avec celle-ci); de la même manière l’homme est celui dont j’ignore la nature et dont je postule qu’elle peut être la même que la mienne.

 

Mais c’est une ignorance et non pas une illusion de savoir. Les européens avaient l’illusion de connaître la nature supposée animale des indiens et il fallu quelques temps avant qu’ils ne prennent connaissance de leur erreur. Car l’humanité n’est pas une évidence, au contraire, elle est ce que j’ignore le plus, et celui qui s’en fait une idée trop hâtive ne peut s’empêcher d’exclure et d’intégrer certains individus de l’humanité.

Par MASSON Alexis - Publié dans : Philosophie
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Dimanche 30 septembre 2007

De deux choses l'une : ou bien la Bible est parfaite, ou bien celle-ci est imparfaite. La perfection a pour attribut la suffisance. Si donc la Bible est parfaite, celle-ci se suffit à elle-même pour le lecteur qui la comprend univoquement. Or, la théologie le prouve factuellement, celle-ci est équivoque ayant permis la création de diverses courants d'interprétations. Par conséquent, la Bible est imparfaite. La raison en est qu'il est exigé l'inspiration du Saint-Esprit par le lecteur. En d'autres termes, les irrationalistes qui prétendent à la fois la perfection de la Bible et l'exigence de l'inspiration se contredisent dans leur propos.

Par MASSON Alexis - Publié dans : Période Athée
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Dimanche 9 septembre 2007

LE CHRISTIANISME LÉGITIME-T-IL SON ÉTUDE PHILOSOPHIQUE?

 

Objections

 

1. Les Écritures relatent le conflit entre le christianisme et la philosophie : « Quelques philosophes épicuriens et stoïciens se mirent à parler avec [Paul]. Et les uns disaient: Que veut dire ce discoureur? […] Lorsqu’ils entendirent parler de résurrection des morts, les uns se moquèrent, et les autres dirent: Nous t’entendrons là-dessus une autre fois. » (Actes 17:18 et 32). Le christianisme ne légitime donc pas son étude philosophique.

 

2. L’homme n’accède à la connaissance de Dieu que par la révélation, c’est pourquoi le christianisme est une doctrine spirituelle et dogmatique. Ainsi Jésus dit : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi » (Jean 14:6). L’homme ne peut donc se reposer sur la philosophie, discipline mondaine et critique, pour étudier le christianisme, car celui-ci dépasse ses propres capacités intellectuelles. C’est ainsi que les Écritures disent : « Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu, il a plu à Dieu dans sa sagesse de sauver les croyants par la folie de la prédication » (1 Corinthiens 1:21). Le christianisme ne légitime donc pas son étude philosophique, celle-ci même dont il est préférable de renoncer : « Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s’appuyant sur la tradition des hommes, sur les principes élémentaires du monde, et non sur Christ. » (Colossiens 2:8).

 

3. La philosophie est inutile au chrétien, puisque celle-ci repose ou bien sur des propositions premières indémontrables toutes autant dogmatiques que le christianisme lui-même, ou bien sur une régression infinie des raisonnements qui n’apportent pas plus d’intelligibilité que les Écritures elles-mêmes. Les philosophes ne se lassent donc que discuter en vain : « Si quelqu’un enseigne de fausses doctrines, et ne s’attache pas aux saintes paroles de notre Seigneur Jésus-Christ et à la doctrine qui est selon la piété, il est enflé d’orgueil, il ne sait rien; il a la maladie des questions oiseuses et des disputes de mots, d’où naissent l’envie, les querelles, les calomnies, les mauvais soupçons, les vaines discussions d’hommes corrompus d’entendement, privés de la vérité, et croyant que la piété est une source de gain » (1 Timothée 6:4-5); tandis que le christianisme se prouve par ses actes : « Ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance, afin que votre foi soit fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu » (1 Corinthiens 2:4-5). La philosophie est donc vaine pour l’homme, puisqu’elle n’apporte aucune connaissance fondée, tandis que le christianisme, qui est la vérité, se prouve par ses actes.

 

Réponse

 

La philosophie est une hygiène de la pensée, discipline qui vise à accéder à la vérité tout en écartant l’erreur, par l’instrument de la raison. C’est un instrument limité à la forme des raisonnements, à leur validité, qui n’étudie pas leurs contenus eux-même, leur vérité. Mais les règles de la raison elles-mêmes sont vraies, puisque conformes aux exigences du fonctionnement de la faculté rationnelle. Ce qu’apporte la philosophie avec certitude, c’est la science logique. Le christianisme ne s’oppose pas à la logique, puisque Dieu possède une raison parfaite. En faisant usage du discours raisonné, du grec Logos désignant l’essence du Christ, et en l’élevant au savoir véritable, la philosophie est une louange à Dieu : « Au commencement était le Logos, et le Logos était avec Dieu, et le Logos était Dieu » (Jean 1:1). Il serait blasphématoire de prétendre que Dieu n’est pas logique, et que l’homme soit supérieur à Dieu en ce domaine. Si tel était le cas Dieu serait capable de se contredire en se niant, reniant ainsi sa Toute-puissance. Dieu possède une raison parfaite, et par conséquent il ne peut y avoir opposition entre la révélation divine et la philosophie lorsque celle-ci est rigoureusement conduite par les strictes règles de la logique. Il y a donc accord entre ce qu’il y a de meilleur dans la philosophie et le christianisme. Mais le christianisme dépasse ce qui est que possible par la seule raison, en apportant le contenu fondateur de la révélation, qui permet le passage du possible à la réalité. Le christianisme achève donc la philosophie plutôt qu’il ne la détruit. Il permet à celle-ci de dépasser le stade de la philosophie du possible pour accéder au stade de la philosophie vraie. Il y a donc complémentarité de la philosophie par le christianisme et implication de celle-ci dans ce dernier. Le christianisme exige donc son étude philosophique, comme hygiène et gardienne de la pensée : « La réflexion veillera sur toi et l’intelligence te gardera. » (Proverbes 2:11), « Garde la sagesse et la réflexion : elles seront la vie de ton âme, et l’ornement de ton cou » (Proverbes 3:21-22).

 

Solutions

 

1. Qu’il y ait un conflit entre quelques philosophes et le christianisme ne signifie pas que ce conflit touche l’ensemble des philosophes, il s’agirait d’une induction abusive. Certains philosophes défendent l’athéisme lorsque d’autres sont chrétiens. Plus encore, les philosophes ne sont pas la philosophie. Originellement, la philosophie se restreint à la logique qui ne concerne que la validité des raisonnements et donc leur possibilité et non leur vérité, c’est-à-dire leur réalité. La philosophie est donc, sans détermination autre que la logique, purement et simplement agnostique, c’est-à-dire indifférente devant la question de l’existence de Dieu : elle ne peut en affirmer que la possibilité sans se prononcer sur sa réalité.

 

2. La philosophie rigoureusement logique et sans détermination extrinsèque est indifférente à la question de l’existence de Dieu. Si elle ne permet donc pas d’accéder directement à Dieu, elle ne permet pas non plus de valider l’athéisme. Elle peut donc servir de propédeutique pour réfuter l’athéisme et préparer l’accueil positif devant la révélation. Ainsi, les Écritures disent que : « Le cœur du juste médite pour répondre » (Proverbes 15:28). En cela, la philosophie connaît déjà des vérités avant la révélation : par les règles de la logique elle invalide l’athéisme. Plus encore, ne pouvant par elle-même déterminer l’existence de Dieu, indécise devant sa possibilité, elle reconnaît les limites propres à la connaissance humaine. La philosophie prépare donc à l’accueil de la révélation en admettant la possibilité de Dieu et reconnaissant déjà sa finitude.

 

3. La philosophie prépare à la vérité révélée, mais elle ne perd pas son intérêt avec la révélation. La raison étant la faculté de compréhension, et celle-ci étant l’instrument de la philosophie dans son aboutissement le plus complet, cette dernière est utile à la compréhension du message divin. De plus lorsque la logique prend pour contenu la révélation, elle peut devenir la source de démonstration déduites de celle-ci. La philosophie devient alors théologie. La philosophie permet ainsi d’élever l’homme de la pure et simple croyance à la connaissance chrétienne par la méditation. C’est ce que recommandent les Écritures avec ardeur comme préliminaires à toutes actions : « Que ce livre de la loi ne s’éloigne point de ta bouche; médite-le jour et nuit, pour agir fidèlement selon tout ce qui y est écrit; car c’est alors que tu auras du succès dans tes entreprises, c’est alors que tu réussiras » (Josué 1:8).

Par MASSON Alexis - Publié dans : Philosophie
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Jeudi 6 septembre 2007

DIEU ÉTERNEL ET CRÉATURE TEMPORELLE

Comment Dieu, qui est éternel, a-t-il pu créer un monde temporel? Si l’on admet l’hypothèse de l’identité numérique discrète (atomisme), la question semble être un faux problème, puisque bien qu’on admette le temps, il n’y a pas de durée (extension temporelle). En réalité, la conscience du Moi (au sens kantien) qui structure diverses personnes distinctes temporellement en une succession continue (à l’image d’une pellicule vidéo) réhabilite le problème. Dieu crée l’univers en dimensions spatiales et temporelles discrètes, chaque couche temporelle étant éternelle comme l’espace, mais évanescente du point de vue d’une conscience elle-même prise dans une série de Moi distincts. Alors que le créateur à une vision éternelle, intemporelle, de sa créature, la créature perçoit l’univers de manière temporelle, dans la durée.

Une autre question est semblable: Comment Dieu, qui est parfait, a-t-il pu créer un monde imparfait? En effet, l’éternité se suffit à elle-même, alors que la temporalité est imperfection, instabilité des éléments dont le déséquilibre est la cause logique de l’apparente succession.

C’est en seulement en tant que totalité que la création est parfaite, c’est-à-dire éternelle, telle que Dieu la voit (système d‘interrelations spatiales et temporelles allant du déséquilibre à l‘équilibre dans la totalité). L’imperfection se trouve dans les parties qui son déséquilibrés et qui provoquent, pour la créature, l’illusion de la durée. Dieu a donc créer un monde éternel et parfait (en tant que tout), mais qui nous apparaît comme temporel et imparfait (en tant que partie).

Par MASSON Alexis - Publié dans : Philosophie
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Jeudi 6 septembre 2007

Métaphysiques de l’identité

Il me semble qu'il soit possible de distinguer trois types de métaphysiques de l'identité: atomisme, génidentité, substantialisme.

Identité numérique discrète (ou Atomisme):
Un objet a une référence spatiale et temporelle sans extension. (Intemporalité de l'atome : Parménide + Démocrite)

Identité numérique continue ( ou Génidentité):
Un objet a des références spatiales et temporelles avec extension. (Philosophie Leibnizienne : la monade).

Identité qualitative (ou Substantialisme):
Un objet a une extension sans référence spatiale et temporelle essentielle. (Aristote: la substance).

Je soutiens la première qui permet à la fois le réductionnisme (les entités sont les sommes d'atomes) et le holisme (les propriétés ne sont pas intrinsèques mais extrinsèques, envisagés comme relation à l'environnement). Autrement dit: une entité est la somme de ses relations atomiques à son environnement.

Par MASSON Alexis - Publié dans : Philosophie
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