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Les musulmans disent que Dieu est parfait. Les chrétiens aussi le disent. Qu'est-ce que la perfection? C'est l'état maximum de l'être. Pour reprendre Anselme, c'est l'être tel qu'on ne peut en concevoir de plus grand. Quel est le plus grand Dieu entre celui des chrétiens et celui des musulmans? Le Dieu chrétien a montré son amour pour les pécheurs en donnant sa vie, il est parvenu aussi ainsi à pardonner le pécheur. Le Dieu musulman peut-il une telle chose? Non... il ne s'est pas incarné pour se sacrifier. Alors quel est le plus parfait des deux? La réponse est toute trouvée. Si l'on répond le Dieu musulman, alors on pourra répliquer que l'on peut concevoir un Dieu plus grand encore. En faite, on voit que l'argumentation d'Anselme est bien plus utile sur la notion de perfection que sur la notion d'existence.
Le Dieu chrétien fait grâce. Du point de vue humain, nous comprenons bien ce que cela signifie: je ne mérite pas ce que Dieu me donne. Mais du point de vue divin, qu'est-ce que la grâce? Rien. La grâce est un don qui n'enlève rien à Dieu, puisque Dieu est parfait. Il n'y a pas véritablement de grâce humaine, parce que l'homme qui grâcie subie une contrepartie (la perte de ce qu'il donne: même pour le président qui gracie: il ne peut plus retirer la grâce offerte). La grâce divine n'a aucune contrepartie pour lui, c'est pourquoi c'est une véritable grâce pour l'homme: lorsque le fini offre, il perd dans l'offre et réclame un substitut, mais lorsque l'infini offre, il n'a rien à réclamer parce qu'il ne perd rien. C'est un pur don.
Y a-t-il contradiction à dire que Dieu offre sa vie, mais qu'il ne perd rien, et qu'ainsi il offre véritablement? Contre le chrétien qui nous objecterait cela, nous répondons que c'est biblique: Jésus est réssuscité et glorieux. A l'infidèle (au sens étymologique "Qui n'a pas foi"), nous réponderons que offrir sans perdre n'est pas contradictoire si l'on comprend bien que pour Dieu, ce jeu n'est pas à somme nul. Un jeu à somme nul, c'est lorsqu'il y a un perdant et un gagnant. Un jeu à somme non nul, c'est lorsque deux joueurs peuvent gagner en même temps. Et parce que Dieu est infini, il peut offrir sans perdre et faire ainsi deux vainqueurs: lui-même et le gracié.
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