
Une même chose peut être connue ou bien en
elle-même (objectivement), ou bien dans son rapport à nous (subjectivement). Dans les deux cas, elle nous apparaît différemment. En effet, objectivement connue, la chose doit être représentée
dans ses moindres rapports, macro et micro-environnementaux. Tandis que subjectivement connue, la chose est représentée seulement dans l'environnement de notre propre rencontre, à la mesure de
notre échelle.
Ainsi, lorsque je "connais" subjectivement une personne, je la connais selon mon échelle à ma mesure : tel un organisme doté d'un psychisme que je distingue des autres de son espèce. Mais je ne
la connais pas dans ses moindres détails. Tandis que Dieu, lorsqu'il connaît une personne, il la connaît non seulement comme individu de son espèce, mais aussi comme un composé complexe, allant
dans le moindre détail. La vision que je me fais d'un même individu est beaucoup plus simpliste que celle dont se fait Dieu.
Du même coup, il y a aussi inversion des valeur du complexe et du simple, selon Dieu,qui connait objectivement, ou selon nous-mêmes, qui connaissons le plus souvent relativement. Une cellule,
pour Dieu, est d'une simplicité manifeste, composée seulement de peu d'éléments, tandis qu'une personne ou une simple rapport humain est d'une complexité presque infinie. En revanche, pour nous
mêmes, une personne apparaît plus simple, bien que nous n'en connaissions presque rien, qu'une chose qui nous apparait subjectivement très complexe, principalement parce qu'étrangère, comme une
cellule, tandis que nous en connaissons en réalité davantage.
Cela nous conduit à dire que ce n'est pas la simplicité subjective, qu'il nous faut rechercher, c'est-à-dire une évidence toute ignorante, mais la simplicité objective, c'est-à-dire une pauvre
connaissance mais certaine. En d'autres termes, il est préférable de connaître des éléments de métaphysique que de relations humaines ou de théologie, parce que la première est plus certaine que
la seconde.
Cela nous conduit encore à dire que celui qui semble parfois "chercher trop loin" n'est pas celui qui possède le langage le plus complexe en apparance, mais au contraire celui qui parle d'une
manière simple des choses qui sont "à notre portée". Il est ainsi préférable d'entendre un docteur en théologie, plutôt qu'un pasteur, et mieux encore : un métaphysicien qu'un théologien.
Autrement dit, il est plus sage de chercher la raison avant les mystères de la foi. Car ainsi que le dit le Sage Salomon : il n'est pas bon de rechercher ce qui nous dépasse. Or le concept de
l'Être métaphysique (Dieu) est plus simple que la conception théologique de Dieu, qui elle-même est plus simple que le concept de "mouche".
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