De toute part, aussi bien du côté des « athées » que du côté des « chrétiens », une asystématicité latente règne : il n’y a pas d’harmonisation entre chaque partie de la théorie, ce qui conduit à des objections invalide contre la position adverse incomprise.
Nombreux athées ne sont pas ce qu’ils ce qualifient être en associant cette position à l’humanisme. L’athéisme n’est pas un humanisme, ces deux termes sont même antinomiques, puisque le premier est un nihilisme, alors que le second est un moralisme. L’athéisme détruit et exclu l’humanisme. Alors que l’athéisme est une position valide, puisque harmonieuse en chacune de ses parties, la position humaniste ajoute à l’athéisme des hypothèses propres au théisme, sans pour autant reconnaître leurs axiomes intrinsèques : l’existence de Dieu.
Le christianisme n’est pas épargné par l’incohérence, non pas en soi, mais par ceux qui soutiennent sa vérité. Il est fort étonnant de constater le nombre de chrétien qui considèrent leur croyance et leur foi comme une vérité invalide ou plutôt incommensurable à la raison. Ayant mal lu leur Bible, l’arrachant à son contexte, violant son sens et martyrisant la parole, ils ont fini par blasphémer la grandeur de Dieu. Ce Dieu qui est la raison elle-même et qui par sa raison à créer le monde, le discours d’élihou dans le livre de Job insiste suffisamment dessus, n’a absolument rien d’irréductible à la raison. Il est la raison elle-même. Le premier chapitre de l’évangile de Jean dans sa version originale grecque n’est pas moins explicite : « E n a r c h h n o l o g o V », qui le plus souvent est traduit par Au commencement était la Parole, signifie également : Le principe (ou la structure) était la Raison, l’hébreu n’ouvre pas moins à l’équivocité, puisque le mot davar n’est pas seulement la parole, mais aussi la chose, c’est-à-dire l’Être. Jean 1.1 serai donc mieux interprété par une éloge de la Raison qui est l’Être suprême, commencement de tout et sans quoi rien ne serait.
De là, certains athées asystématiques reprochent aux chrétiens asystématiques d’être justement... asystématique et incohérent, en bref, de prôner un irrationalisme grotesque. Dans les deux cas, l’histoire de la pensée et de la philosophie chrétienne est très loin, aussi bien en ce qui concerne Hobbes que Leibniz, des fondateurs chrétiens du rationalisme moderne. Les athées reprochent aux chrétiens d’être irrationnels, en prônant des valeurs issues de la scholastique chrétienne, et les chrétiens reprochent aux athées d’être rationalistes alors que leur Dieu est le seul dieu de toutes les religions du monde qui soit un dieu de raison, qui soit la Raison et l’ordre incarnés.
L’incompréhension quasi-générale qui règne entre les deux partis est lié à l’incompréhension de leurs propres positions respectives. La faute de cette incompréhension incombe tant aux athées asystématiques qu’aux chrétiens également asystématiques. Les athées asystématiques prônant des théories invalides de fait, ne comprennent pas non seulement leur propre position qu’ils mélangent avec des hypothèses produits purs du christianisme, mais la thèse chrétienne elle-même. Les chrétiens asystématiques en reniant la raison renient leur propre Dieu. Ils affirment en effet que les mystères doivent subsister, en oubliant la parole du sage Jésus : « A vous le mystère du règne de Dieu est donné mais, pour ceux du dehors, tout devient énigme afin que, tout en regardant, ils ne voient pas et que, tout en entendant, ils ne comprennent pas, de peur qu’ils ne se convertissent et qu’il leur soit pardonné » (Marc 4.11-12). Si un chrétien pense que le mystère doit subsister... c’est tout simplement parce qu’il est condamné... Ces mêmes chrétiens affirment alors que c’est le Saint Esprit qui les guident et résout les mystères de la Bible et non pas la raison (sans vraiment saisir ce qu‘ils entendent par là). Le rôle se résume alors à lancer des versets aux athées, pensant que ces derniers sous le charme littéraire de la Parole et sous l’action du Saint Esprit seront également convertit, pour ceux qui doivent l‘être.
Mais qu’est-ce que la Bible pour un athée ? Une fable, une mythologie, rien de plus. Le paradis est comme Alice aux Pays des Merveilles. La pomme est à Ève comme elle est à Blanche Neige. L’oppression du peuple juif est l’exploitation de Cendrillon par ses sœurs. Dieu le Père qui offre la vie éternelle est le Père Noël qui offre vos cadeaux à noël. En effet, pour les deux le croyant fait une demande et pour les deux, le Père répond... mais on ne le voit pas déposer le cadeaux. Jésus et les apôtres est comme Blanche Neige et les sept nains. La résurrection de Jésus est comme le baiser qui réveille la Belle aux Bois Dormants. La brebis perdue, est comme le Petit Poucet perdu dans la forêt. Les miracles de la guérison par l’imposition des mains sont comme E.T. posant son doigt lumineux sur la blessure du terrien. Tous cela n’est que fiction pour l’athée, alors imaginez-le avec quelqu’un en fasse de lui qui lui dit qu’il est pêcheur comme la Bête, mais que Dieu l’aime comme la Belle, qu’il est imparfait comme Quasimodo, mais que le Père noël lui offrira la Vie s’il y croit, la force sera alors avec lui, comme pour le Jedi... Et s’il y croit pas, c’est bien entendu parce que la mauvaise fée lui a jeté un sort... La Bible est une fable amusante pour l’athée, mais qui ne l’intéresse pas. Entendre un chrétien s’appuyer sur des fables est donc une perte de temps. Les fables n’ont aucune valeur de vérité, elle ne sont là que pour la chute, la morale.
Ce que ne comprend visiblement pas le chrétien asystématique, c’est que pour parler à un interlocuteur, il faut parler dans sa langue. Un chinois ne peut comprendre un anglais qui lui parle, même s’il met toute sa bonne volonté supplée par la force de Dieu. Pour que l’athée puisse adopter la position du chrétien, ou pour que le chinois puisse être en accord avec l’anglais, cela suppose une condition préalable et nécessaire : ils doivent se comprendre. Certes, il reste la possibilité d’utiliser la pression, et beaucoup de chrétiens asystématiques l’utilise sous ce genre de parole : « Si tu ne crois pas, tu mourras en enfer ». Cela peut avoir son effet sur des personnes faible, on ne peut le démentir. Mais est-ce encore une véritable croyance en Dieu par un amour sincère, ou par crainte et ignorance de ce qu’est vraiment Dieu ? Il n’est certain que lorsque l’anglais s’énerve et menace de mort le pauvre chinois, celui-ci le comprenne pour autant. La crainte n’est plus vraiment celle de Dieu, mais celle de l’anglais énervé. Imaginez-vous en face d’un officier nazi qui vous hurle dans allemand crochu de vous mettre à genou et de dire « Hail Hitler ! », alors que vous ne saisissez pas un mot à cette langue sinon le fameux salut pour le chef du IIIème Reich. Que ferez-vous ? Lorsque vous vous mettrez à genou, aurez-vous crainte d’Hitler, cet homme tremblant ayant perdu beaucoup de ses facultés mentales et résidant bien loin de chez vous, ou bien de l’officier qui pointe son canon sur votre tempe ? Un faible, qui plus est paranoïaque, se prosterna et se convaincra du bien fondé d’un honneur rendu à Hitler, de peur qu’un autre officier l’écoute ou le suive pour s’assurer de sa sincérité. Ne croyez surtout pas que l’allégorie du Nazi soit totalement déplacée, et elle est moins dure encore que l’évangélisation forcée par la colonisation espagnole en Amérique. C’est une réalité qui subsiste pour des personnes instables conceptuellement face à des chrétiens les harcelant de versets et de menace de voir une vie après la mort se prolonger dans les flammes de l‘enfer. Non seulement le convertis ne comprend pas le message fondamental de la Bible, mais le chrétien qui évangélise n’a lui-même pas compris, ce qui est nettement plus grave.
La compréhension de la Bible est donc fondamentale à la fois pour celui qui veut transmettre son message, que pour celui qui est confronté à son message. Pour cela, il faut parler la langue de son interlocuteur, et le plus souvent, l’athée pense parler rationnellement. Un bon évangéliste est donc celui qui laisse sa Bible chez lui. L’inverse est dommageable, si l’évangéliste prend sa Bible face à un rationaliste, il renforce nécessairement sa foi en l’athéisme. Le résistant est d’autant plus convaincu de sa position lorsqu’un officier nazi lui demande de saluer Hitler. Si cette métaphore est utilisée, c’est non pas parce que le chrétien est effectivement un hitlérien, mais parce que c’est la manière dont l’athée le voit. Un chrétien qui comprend qu’il ne doit pas agir en fonction de ce qu’il croit, mais en en fonction de ce que son interlocuteur croit a déjà gagné la première manche. L’athée ne croit qu’en la raison, elle est donc le seul instrument que peut utiliser le chrétien en face de lui. La prière et le jeune ne sont pas exclus bien entendu, mais cela doit se faire à l’écart, en privé, jamais en face d’un athée.
C’est là que le Saint Esprit peut enfin devenir efficace, lorsque son instrument - l’évangéliste - est lui même efficace. Il n’y a aucun incompatibilité entre Saint Esprit et rationalité. L’Ancien Testament insiste suffisamment sur le fait que toute sagesse vient exclusivement de Dieu (Proverbes 2.6, Job 38.36, 1Rois 3.28), Dieu restant toujours maître de son esprit qu’il met dans les cœurs, c’est-à-dire qu’il donne comme il peut retirer (Néhémie 9.20, Daniel 5.14, Job 39.17). Le chrétien qui ne sait pas lire sa Bible se trompera encore une fois sur les termes « cœur » et « sagesse » : le cœur n’est rien d’autre que le cerveau, c’est-à-dire le lieu de toutes les facultés cognitives et intellectuelles (Deutéronome 8.5, Isaïe 6.10, Proverbes 15.14, Osée 7.11, Quohéleth 10.3); c’est d’ailleurs une croyance commune dans l’antiquité : Aristote pensait que c’est avec le cœur que l’on réfléchit, le cerveau ne servant qu’à refroidir le corps. La sagesse n’est pas non plus seulement l’art de la réflexion, c’est aussi et surtout l’art de vivre, de juger et l’artisanat. La sagesse dans l’Ancien Testament est présente dans des domaines très variés. La sagesse des hommes, même si elle est donnée par Dieu, puisque toute sagesse est donnée par Dieu, est une sagesse qui ne craint plus Dieu. C’est une sagesse qui est devenue folie. En d’autres termes, pour simplifier les propos bibliques : la raison c’est l’esprit de Dieu placé dans le cerveau des personnes. Cette raison n’est pas seulement l’intelligence au sens moderne, c’est aussi toute forme de savoir-faire et de savoir-vivre. La sagesse est neutre, elle n’est pas en elle-même crainte de Dieu, mais elle peut la suivre. L’athée intellectuel à aussi la sagesse de l’Esprit de Dieu mais il est fou parce qu’il en craint pas Dieu. Sagesse et folie ne sont pas antinomiques, comme le montre bien l’ensemble des propos de Jésus et de Paul dans le Nouveau Testament. La raison est donc neutre en soi, il n’y a rien qui soit contradictoire avec la Biblique et l’évangélisation.
Certains ont mal le Nouveau Testament et ses propos sur les philosophes et les sages. Le sens du terme philosophe à beaucoup évolué, aujourd’hui, il n’existe plus de philosophe et à vrai dire, les philosophes ont disparus vers le début du Moyen-Age. Le philosophe est une sorte de sage qui développe lui-même son art de vivre, à l‘image des cyniques, des stoïciens ou des épicuriens. Aujourd’hui même si l’on utilise toujours le terme de philosophie, il n’a plus le même sens, ce qui autrefois était un sage d’une secte est devenu aujourd’hui une sorte de logicien, mathématicien de la raison et de la logique. Dieu étant l’incarnation de la Raison, la philosophie est aujourd’hui plus proche de l’étude de la nature de Dieu que bien des théologies qui étudient plutôt l‘histoire et les actes de Dieu.
Cependant, même si la sagesse est donnée par Dieu, elle ne garde pas d’une possible erreur. Les Actes des Apôtres le confirme à de nombreuses reprises, car la volonté d‘en faire plus que ce que Dieu demande conduit à la désobéissance. La personne qui veut évangéliser, sachant discerner quand est-ce qu’il faut parler avec raison, et quand est-ce qu’il faut se montrer pédagogue et dogmatique pour amener autrui à accepter une possible conversion que Dieu réalisera, sera l’instrument idéale au service de Dieu. Il s’agit bien d’être instrument de Dieu, c’est-à-dire esclave de Dieu, et non un allié de Dieu qui traiterai à égalité avec lui, erreur qu’on commis les sagesse de l’Ancien Testament et que condamnent les prophéties tardives.
Que le Seigneur vous guide dans la sagesse et la raison, qu’il fasse de vous d’excellents disciples et des observateurs de la foi. Amen !


Le mariage est probablement l'institution la plus violemment profanée par ceux qui se prétendent chrétiens. Que le mariage soit l'objet de blasphème parmi les athées, semble aller de toute logique ; mais les philosophies égocentrées et humanistes des pseudo-chrétiens violentent tout autant la Parole. Il est vrai que Christ a dit : « Le Royaume des cieux est encore comparable à un filet qu’on jette en mer et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, puis on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon et l’on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges surviendront et sépareront les mauvais d’avec les justes, et ils les jetteront dans la fournaise de feu ; là seront les pleurs et les grincements de dents. » (Matthieu 13.47-50). En d’autres termes, l’Église draine des chrétiens injustes en son sein, mais à la fin des temps, ils seront séparés d’avec les justes. Beaucoup grinceront des dents au jour du jugement, regrettant d’avoir écouté les philosophies humanistes et leurs pulsions perverses plutôt que l’autorité et la sagesse de Dieu. Que Dieu pardonne ceux qui auront profané l’autorité ! Amen !
J'ai publié cet article à l'occasion d'un

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