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[Cette page est une ébauche et sera progressivement achevée]
Créer, c’est produire quelque chose à partir de rien. C’est une absurdité, toute chose est produite à partir de quelque chose. Donc une divinité créatrice n’est pas possible.
En effet, Dieu n’est pas créateur en ce sens. Il est dit en effet, dans la Genèse, que l’homme est créé à partir de la poussière terrestre et du souffle divin. On peut supposer que l’univers émane au sein de Dieu mais non de nulle part.
Dieu est esprit, or l’univers est matière. Ce sont deux natures différentes et irréductibles, alors la première n’a pas pu déterminer la seconde. Sinon, d’où est venue la matière à l’origine ? Ou bien la matière était hors de Dieu (et il n’est pas créateur) ou bien elle était en Dieu (et il n’est pas pur esprit et pas créateur non plus, puisqu’il l’a extériorisé).
L’esprit et la matière ne sont pas deux natures différentes. On peut en effet penser, à l’image du théologien philosophe Berkeley, que la matière soit un type de manifestation d’une idée divine. En d’autres termes, tout est pensée divine. D’ailleurs, il ne peut en être autrement. Car si Dieu possède une extériorité (quelque chose comme l’univers) « hors » de lui, alors il est limité par cette extériorité. Or nous disons que Dieu qu’il est infini.
Le parfait ne peut produire l’imparfait, car il y a entre les deux une différence de nature. Le parfait c’est l’absolu et nécessaire ; l’imparfait c’est le relatif et contingent. Il est donc impossible que le parfait ait déterminé l’imparfait. De plus, l’univers est une œuvre imparfaite, et il y a toujours entre l’auteur et l’œuvre une convergence de nature : l’auteur est donc imparfait. Ou bien ce n’est pas Dieu qui est l’auteur de l’univers ; ou bien l’univers étant une œuvre imparfaite, Dieu est imparfait.
Le Tout est relatif à l’ensemble de ses parties, c’est-à-dire à lui-même. En ce sens, il est à la fois relatif et absolu. Dieu est le Tout, l’univers est sa partie. Donc Dieu est parfait, et l’univers imparfait. Il n’y a pas de contradiction. En tant que ses parties sont réunies, elles sont parfaites, puisqu’elles sont Dieu. Mais vues séparément, elles sont imparfaites. Il est donc nécessairement que l’auteur Tout soit parfait créateur de ses parties imparfaites. Il ne peut en être autrement. Si Dieu avait créé un monde parfait, il se serait doublé ! (puisque ce monde pour être parfait serait Dieu, et en se doublant, il deviendrait imparfait puisque limité par un autre lui-même). Et Dieu ne peut être imparfait en tant qu’il est Tout. (Attention à ne pas confondre avec l’hérésie du panthéisme qui fait de toute chose Dieu. Or ici, c’est l’Absolu en tant qu’Absolu qui est Dieu, et la nature lui est relative en son propre sein parce que Dieu la pense. La pensée et la réalité sont une seule chose en Dieu. Mais Dieu n’est pas la nature, car la nature n’est qu’une pensée divine).
S’il est éternel, actif et nécessaire, il doit être éternellement actif et nécessaire ; et conséquemment, il n’a pu, à aucun moment, être inactif ou inutile et donc il n’a jamais créé. En effet, avant la création, il était inactif et donc inutile. Alors ou bien Dieu n’est pas éternellement actif et nécessaire. Ou bien il a créé éternellement et la création est éternelle : l’univers n’a jamais commencé, il a toujours existé, il est éternel comme Dieu et il est Dieu lui-même se confondant avec lui.
En réalité, de Dieu émane l’univers. Mais tous deux sont ontologiquement (du point de vue de Dieu) éternels, car le temps est contradictoire. L’univers étant partie de Dieu, ils sont tous deux éternels. En revanche, l’homme est une somme de parties non simultanées de son propre point de vue. Il se réalise dans diverses couches de temps, ce qui lui donne l’illusion de l’existence du temps. Un peu comme dans pellicule vidéo.
Si Dieu existe, il est immuable. Il ne change pas. Tandis que dans la Nature, tout se modifie, se métamorphose, se transforme, tandis que rien n’est définitivement et que tout devient, Dieu point fixe, immobile dans l’espace et le temps, n’est sujet à aucune modification, ne connaît et ne peut connaître aucun changement. S’il a créé, il n’est pas immuable, parce que, dans ce cas, il a changé deux fois. Se déterminer à vouloir, c’est changer. Pareillement : se déterminer à agir, ou agir, c’est de modifier. Si Dieu à créer, il a changé, il n’est donc pas immuable. Et s’il n’est pas immuable, il n’est pas Dieu.
L’univers est pensé par Dieu de toute éternité. Dieu est donc éternel et source de l’univers.
Dieu avant la création : il est tout seul, il se suffit à lui-même. Il est parfaitement sage, parfaitement heureux, parfaitement puissant. Rien ne peut accroître sa sagesse ; rien ne peut augmenter sa félicité ; rien ne peut fortifier sa puissance. Ce Dieu ne peut éprouver aucun désir, puisque son bonheur est infini. La conclusion : Dieu, s’il a créé, a créé sans motif, sans savoir pourquoi, sans but. Ce qui différencie les actes d’un homme sensé des actes d’un insensé, c’est que les actes du premier s’expliquent. Si Dieu a créé sans but, sans motif, il agi à la façon d’un fou et la Création apparaît comme un acte de démence.
Il faut savoir ce que l’on veut. Ou bien la Création est un attribut de Dieu ou bien elle ne l’est pas. Si elle l’est, alors Dieu est nécessairement créateur : il a besoin de la création pour être Dieu (qui rappelons le est en lui puisqu’il l’a pense, il s’auto-suffit donc). Ensuite, n’oublions pas que Dieu est éternel. En tant qu’il est éternel, il n’y a pas de changement en lui. En d’autres termes, du point de vue divin, il a toujours été créateur, alors que de notre point de vue, il l’est devenu. Ce problème n’est donc un problème que si l’on ne considère pas son caractère éternel.
Les chrétiens diront que Dieu est incompréhensible, parce qu’il est au-dessus de toute intelligence finie. Mais alors pourquoi affirment-ils un tel être ?
Dieu est compréhensible (nous venons de le voir). Le problème de l’infini est un faux problème, car l’homme peut le concevoir (la preuve en mathématique) mais non l’imaginer. Or ici, il n’est vraiment question que de conception. D’ailleurs, s’il était si inintelligible, il serait impossible d’y croire, parce qu’alors nous ce serait en autre chose que nous croirions.
Les chrétiens disent : Il n’y a pas d’effet sans cause, or l’univers est un effet, donc sa cause est Dieu. Mais que l’athée répondra qu’il n’est pas évident que Dieu soit un effet. Et pourquoi ne pas dire que l’univers est une cause ? Ce n’est pas moins fou que la première proposition. On ne peut donc pas admettre cette proposition. Et quand bien même celle-ci serait valide, elle deviendrait absurde. Car si Dieu est la cause de l’univers, et que la cause est inséparable de son effet, alors l’univers est une nécessité pour Dieu et est coéternel à Dieu.
C’est justement cela que dit le chrétien (intelligent). Du point de vue de Dieu, qui est éternel, il est la cause de l’univers de toute éternité. Et pour qu’il soit essentiellement créateur, il lui faut créer de toute éternité. Donc en effet, Dieu et l’univers sont coéternels. D’ailleurs, si l’univers était temporel, Dieu ne pourrait pas le voir entièrement, mais seulement le présent dont il déduirait le passé et le futur.
On ne peut croire que Dieu soit un créateur parfait en même temps un gouverneur nécessaire. Car si l’on proclame la perfection du créateur, on nie l’utilité du gouverneur. Et proclamer la nécessité du gouverneur, c’est nier la perfection du créateur. Car si la création est parfaite, il n’y a pas de besoin de la diriger… sauf si celle-ci est imparfaite.
Rappelons encore une fois que Dieu est créateur et éternel. De son point de vue, sa création est également éternelle. Elle ne change donc pas, et il n’y a pas besoin d’un « réparateur ». Mais Dieu est tout de même gouverneur parce qu’il l’a transcende par les lois de son entendement. Si je conçois abstraitement un objet, je le créé, et pendant que je le pense je le fais subsister sous les lois de la pensée. Il en va de même avec Dieu, mais du point de vue de l’éternité.
La multiplicité des religions prouve que Dieu manque de puissance et de justice. Or chacune des religions s’imagine vraie et nie la vérité des autres. Dieu devrait donc combattre toutes les idoles. Par sa puissance, il lui suffirait de se révéler à tous. Mais puisque certains sont athées ou agnostiques et d’autres idolâtres, c’est qu’il ne l’a pas fait. Dans ces conditions, n’est-il pas sage de penser qu’il n’a parlé à aucun et que les multiples révélations ne sont que des impostures ? Ou alors c’est qu’il est insuffisamment puissant se révéler à tous. Donc ou bien il est impuissant, ou bien il est injuste. Car si Dieu se montre à quelques-uns et se cache aux autres, il n’est pas juste. Et comme la justice et la puissance sont des attributs nécessaires de Dieu, la multiplicité des religions prouve qu’il n’existe pas.
Dieu est suprêmement puissant, juste et sage. Il a établi des lois (car c’est un Dieu d’ordre). En fonction de ces lois, il a établi le monde le plus juste qu’il soit (c’est le meilleur des mondes possibles). Sa puissance lui a permis de le produire. Ainsi, le monde est juste tel qu’il est et œuvre de la puissance de Dieu. On dit de Dieu qu’il est injuste parce qu’il ne veut pas que les hommes le connaissent tous, ou alors il est impuissant parce que le souhaitant il ne le peut pas. L’homme n’est-il pas libre ? Et l’homme ne possède-t-il pas une raison ? En ayant la raison, l’homme peut connaître Dieu, et ayant la liberté (et donc la responsabilité), il peut choisir ses voies mais aussi en choisir d’autres. Il est vrai que Dieu aurait pu forcer les hommes à le connaître par la violence. Et on pourrait dire que Dieu est injuste d’avoir fait l’homme libre. Parce que si l’homme est libre, il est responsable de ses mauvais choix, et donc laisse l’homme fait ces mauvais choix, plutôt que de lui interdire de penser. Mais c’est là un sophisme grotesque, parce que si Dieu est bien responsable de la liberté de l’homme qu’il a voulu, c’est l’homme qui est responsable de ses choix. Sinon le père serait-il coupable des crimes de son fils, parce que l’ayant fait, il lui a donné la possibilité de tuer ? Dieu est juste parce que chacun sera jugé selon des règles communes à tous et proportionnelles (ceux qui ont davantage reçus devront davantage également).
Dieu pouvait, puisqu’il est libre et tout-puissant, ne pas nous créer ou nous créer bons. Mais il a créé des bons et des méchants. Il pouvait aussi nous admettre tous au paradis et se contenter des condamnations terrestres. Enfin Dieu pouvait, puisqu’il est bon, laisser entrer les bons au paradis et annihiler les mauvais plutôt que de les vouer à l’enfer. A qui profite l’enfer ? Ni aux élus, ni aux damnés. Ce n’est donc qu’au sadisme divin que cela peut profiter. Ou est sa miséricorde ? L’enfer prouve que Dieu n’est ni bon, ni miséricordieux. L’existence d’un Dieu de bonté est incompatible avec l’enfer. Ou bien il n’y a pas d’enfer, ou bien Dieu n’est pas infiniment bon.
Dieu ne pouvait pas ne pas nous créer, car il est libre, c’est-à-dire ici soumis à sa seule nature, or sa nature l’imposait. Dieu ne pouvait pas non créer tous bons, car son omnipotence comprend la puissance de ne pas se contredire, et nous créer tous bons aurait été contradictoire avec l’exigence de rendre l’homme libre. Dieu est bon et juste, et le méchant est responsable de son sort. Le méchant ne veut pas du paradis que Dieu lui propose (il refuse le salut). Dieu est bon et accompli donc la volonté du méchant selon le juste jugement de Dieu : l’enfer. Si Dieu détruisait le méchant, il ne serait pas punis, or la punition est nécessaire à l’ordre. A qui profite le tourment des damnés ? A ceux qui ne veulent pas y aller, afin qu’ils craignent Dieu et cherche sa bonté. Dieu est donc bon et juste, mais aussi miséricordieux, car celui qui veut être sauvé, Dieu le pardonne, alors que tout le monde est pécheur. L’existence de l’enfer est nécessaire à la bonté et à la justice de Dieu, car un Dieu sans enfer serait mauvais (étant indifférant au bien et au mal) et injuste (car la justice ne serait pas mieux rétribuée que l’injustice).
L’existence du mal (physique et mal) est incompatible avec l’existence d’un Dieu infiniment puissant et infiniment bon. Le mal existe, alors ou bien Dieu ne veut pas le supprimer et il n’est pas bon, ou bien il est bon mais impuissant à le supprimer. Or Dieu doit posséder à la fois la bonté et la puissance. L’objection classique des chrétiens, c’est de dire que Dieu a créé l’homme libre et c’est de cette liberté que l’homme fait mauvais usage donnant ainsi l’existence au mal. C’est donc l’homme qui serait responsable du mal et non Dieu. Mais cette objection ne vaut rien. Le mal physique est-il de la responsabilité de l’homme ? C’est bien Dieu qui a créé et gouverne la nature et ses catastrophes. Et Dieu est aussi responsable du mal moral, puisqu’il a présidé à l’organisation du monde moral. L’homme n’est donc responsable d’aucun mal.
Dans sa totalité, l’univers est bon. Mais dans certaines de ses parties, l’univers est mauvais. Il arrive que l’on voit un mal là où il n’y en a pas : « Ce que l’homme a vu en mal, Dieu l’a vu en bien ». Cela peut être dans les punitions par des catastrophes. La punition est un bien, car il prévient l’homme de son péché. Enfin rappelons que l’homme est libre et donc responsable, même s’il est déterminé plus en amont.
Nous n’avons ni choisi de naître, ni choisi notre nature. Tout cela, c’est Dieu qui l’a choisi et nous a donc déterminé. L’homme est donc irresponsable. Dieu seul est libre et donc responsable. L’homme n’étant responsable, il ne peut être ni jugé, ni puni, ni récompensé. Mais en le jugeant, Dieu se montre usurpateur.
L’homme est responsable, car bien que déterminé, il est opérateur de ses choix. Ce n’est pas de son existence, ni de sa nature dont l’homme est responsable, mais de ses choix car c’est lui-même qui les opère consciemment. Dieu est donc un justicier digne et honnête.
Admettons que l’homme soit responsable, il doit y avoir une échelle de récompenses et de châtiments. Mais Dieu condamne à l’enfer ou au paradis éternel ! Il y a disproportion et c’est injuste !
La créature est éternelle (du point de vue de Dieu), mais en chacun de ses acte et non comme tout. L’individu est une collection d’instants. Un acte mauvais est un instant éternel. Un acte mauvais est donc éternel vis-à-vis de Dieu et lui est d’autant insupportable, bien que l’homme ne le voit que passager. Par conséquent, il est juste de condamné l’homme éternellement, mais aussi de le récompenser éternellement. Dieu est juste et respecte les règles de l’équité. Et il est proportionné, puisqu’il y a divers degrés d’enfer ou de paradis. Il est même trop bon, puisqu’il pardonne celui qui se repent.
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